Publié le 20/06/2022

Un manoir de famille
en Bretagne

Face à la mer, juste au-dessus du chemin des Douaniers, le Manoir de Lan Kerellec respire une joie de vivre inspirante. Pauline Daubé est la troisième génération à tenir les clés de cet hôtel et à faire vivre la propriété familiale. Une adresse chaleureuse sur la côte de Granit Rose en Bretagne.

Un manoir de famille |en Bretagne

Face à la mer, juste au-dessus du chemin des Douaniers, le Manoir de Lan Kerellec respire une joie de vivre inspirante. Pauline Daubé est la troisième génération à tenir les clés de cet hôtel et à faire vivre la propriété familiale. Une adresse chaleureuse sur la côte de Granit Rose en Bretagne.

« Bienvenue dans ma maison de famille ! » lance la pétillante Pauline Daubé dans un sourire généreux. Sa bonne humeur rayonne dans les murs que l’on sent habités de souvenirs heureux. Posé en surplomb des flots à Trébeurden, station balnéaire discrète, l’hôtel Manoir de Lan-Kerellec exhale la quiétude des demeures ayant traversé le temps. Taillé dans la pierre locale au début des années 1900, il est d’abord un logis-atelier pour le peintre Pierre Gervais avant de changer de main. « Mon arrière-grand-père l’a acquis en 1925 et ma grand-mère l’a transformé en hôtel de sept chambres en 1968. Mes parents, Luce et Gilles Daubé, lui ont succédé et, un an plus tard, l’adresse intégrait Relais & Châteaux. C’était en 1982. Depuis, l’établissement s’est agrandi » explique Pauline Daubé qui en a pris la direction en 2014, abandonnant à 31 ans une carrière prometteuse chez L’Oréal. 
 

À gauche : Gilles Daubé et sa fille Pauline Daubé qui a repris la gestion du Manoir de Lan Kerellec.
À droite : L’entrée de l’hôtel donne sur la salle de restaurant où une maquette de bateau flotte dans les airs.


Son père l’accompagne dans ses premiers pas d’aubergiste. Mais elle connaît déjà chaque recoin de l’hôtel où elle a vécu jusqu’à son adolescence. À la fermeture hivernale annuelle, une parenthèse s’installe dans les lieux vidés des voyageurs, se muant alors en un formidable terrain de jeux pour enfants. De mémorables parties de cache-cache se disputent dans les rires au milieu de meubles couverts de draps.

Plus tard, à l’âge de l’argent de poche, Pauline apporte une aide à ses parents. Femme de chambre, service en salle, réception, elle occupe tous les postes sauf la cuisine. Sans le savoir, elle est à la meilleure école pour devenir directrice. « Je me souviens de ma mère disant toujours : « Avant de demander à quelqu’un d’exécuter une tâche, il faut la faire soi-même »». Leçon retenue. Cette maman décédée trop tôt lui transmet aussi l’attention des détails et l’amour des bouquets blancs qui fleurissent toujours les lieux. Elle lui donne également le goût et l’art de l’accueil. 
 

À gauche et à droite: Pauline Daubé plonge dans les archives du Manoir de Lan Kerellec et retrouve les premiers menus de l’hôtel ainsi que les anciennes brochures retraçant l’histoire de famille.


La maison garde farouchement l’empreinte de chaque génération. Dans les 18 chambres, toutes tournées vers la mer sauf une, les différents styles se mêlent, créant une harmonie et écrivant une histoire aussi attachante qu’un album de famille. Entre les commodes anciennes, une chaise revampée d’un tissu léopard osé et des tableaux de l’artiste Émile Daubé, Pauline insuffle son style, plus contemporain, jouant des matières, lin et velours dans les tons rose poudrés. 

Pas une chambre ne se ressemble, mais toutes s’ouvrent sur des matins chaque fois uniques. Ce jour-là, aux petites heures du jour, la Manche s’est retirée au loin avec la marée. Un tapis de sable mène à l’île Milliau couverte de lande et d’ajoncs par-delà les rochers roses. Elle invite effrontément à la balade. Sa voisine, l’île Molène, flotte toujours. Il faut fixer cette image. Vite. L’instant d’après, les dieux du ciel et de la mer tisseront un autre décor. 
 

À gauche : Chaque chambre ouvre sa fenêtre sur la mer et son ressac.
À droite : Toutes les chambres sont différentes mais beaucoup ont le même fil bleu, un lien tenu à la mer. Ici, une maquette de bateau invite à la navigation.


Le soir, ces mêmes dieux peindront un formidable coucher de soleil. En entrant dans le restaurant, le regard est immédiatement happé par le spectacle à travers la large baie vitrée avant de remarquer la folle charpente en bois. Réalisée par les Compagnons du devoir, elle évoque une carène de bateau inversée, architecture que l’on retrouve dans certaines chapelles bretonnes. À table, le jeune Anthony Avoine, une étoile au Guide Michelin, orchestre d’une main enjouée les saveurs de la mer associées aux spécialités du terroir. « Tout est en circuit court », note la directrice, fière de son Chef. 
 

La salle de restaurant à l’architecture singulière.
À gauche : Depuis 2018, le Chef Anthony Avoine est couronné d’une étoile au Guide Michelin.
À droite : Ses créations s’inspirent de la mer et de la terre. Ici, Langoustine « Demoiselle de Loctudy » en cuisson douce, lait ribot et jus végétal.


De quoi rêve Pauline Daubé aujourd’hui ? « Faire perdurer l’esprit de la maison ». Elle ne pourrait mieux faire. Cet hôtel a décidément l’âme d’une maison de vacances invitant à tous les souvenirs. Comme ce moment où, sur la petite crique déserte à deux minutes du Manoir, assis sur la roche face à la mer, le soleil chauffe la joue droite et le vent caresse la gauche en portant le bruit du ressac aux oreilles. Le bonheur, parfois, sait être simple. 
 

Face à la mer, la salle du petit déjeuner met immédiatement de bonne humeur.
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