À la rencontre des éléphants:
histoire d’amour à Jabulani

Tamlin Wightman découvre un lien profond avec un éléphant dans un lieu insolite, au cœur de la nature sauvage d’Afrique du Sud, au camp Jabulani, sanctuaire d’éléphants.

À la rencontre des éléphants:|histoire d’amour à Jabulani

Tamlin Wightman découvre un lien profond avec un éléphant dans un lieu insolite, au cœur de la nature sauvage d’Afrique du Sud, au camp Jabulani, sanctuaire d’éléphants.

Jabulani, c’est une histoire d’amour et d’espoir. D’âmes tenaces qui gardent le cap face aux vents contraires, qui ne s’avouent jamais vaincues. Pour qui la grande pulsion de survie humaine s’étend bien au-delà de leur propre personne pour englober la nature environnante. Qui comprennent l’harmonie universelle, savent à quel point tout l’équilibre de l’écosystème africain repose sur la présence d’espèces telles que l’éléphant, le lion et le rhinocéros.

Bien plus qu’un safari lodge, Jabulani, en Afrique du Sud, est né de la nécessité d’offrir un avenir à un troupeau d’éléphants rescapés.

Au cours d’un trajet en voiture dans la réserve de Kapama, j’interroge Adine Roode, propriétaire de Jabulani : « Que répondez-vous aux défaitistes ? À celles et ceux qui affirment que de toute façon, le braconnage finira par provoquer l’extinction de ces animaux dans un avenir pas si lointain, à ceux qui disent que nous n’avons aucune chance ? »

« Je leur réponds que nous ne pouvons pas rester les bras croisés », me dit-elle. C’est aussi simple et important que cela. C’est là toute la force motrice de ce sanctuaire pour éléphants dans cette contrée sauvage. Une force porteuse d’amour et d’espoir.

« Si le projet de départ est né de la nécessité de créer un habitat autonome pour un groupe d’éléphants orphelins, l’idée a rapidement évolué pour devenir un véritable sanctuaire pour les « Big 5 » et autres espèces sauvages africaines », précise Adine. Mais ce sont les éléphants qui sont au cœur du projet. Il fallait donc absolument que je les rencontre. J’avais entendu parler de la puissance renversante de l’interaction avec ces animaux, de cette rencontre entre l’homme et l’éléphant, sur un pied d’égalité. Mais j’étais loin d’imaginer ce qui m’attendait.

Un après-midi, dans la réserve, les gardiens d’éléphants s’approchent de nous, le troupeau à leurs côtés. Nous sortons de notre véhicule pour nous diriger vers le point de rencontre. Les gardiens côtoient ces animaux depuis de longues années ; ils se promènent avec eux dans la nature, les protègent pendant qu’ils recherchent de la nourriture. Ils font partie du troupeau.

Je m’approche de Jabulani. Immédiatement, c’est le choc. Quelle stature, quelle force, quelle vie. D’une main, je saisis une poignée de granulés que me propose le gardien, et lève l’autre main pour faire signe à Jabulani de soulever sa trompe. « Ouvre grand la bouche, dis ahhhh » : je lui glisse ses friandises, qu’il attrape facilement. Son tronc palpe mes bras, mon dos, mes cuisses, à la recherche de nouvelles gourmandises. L’éléphant pose sa trompe sur le rondin de bois posé au sol, entre nous, et je tends la main pour sentir ses poils sur l’arête de sa trompe, sa peau fripée, la chaleur émanant de ses narines. Il enroule sa trompe autour de ma main et soudain, le silence se fait.

Je sais que d’autres personnes ont envie de rencontrer ce paisible géant. Je sais que des gens attendent de pouvoir le photographier sans ma présence dans leur champ de vision. Je sais que, non loin de là, un buffle déambule, une girafe s’abreuve au plan d’eau, des rafraîchissements nous attendent pour l’apéritif. Mais tout est plongé dans le silence, et je suis incapable de faire le moindre geste. Je ressens une connexion intense. Liée au cœur de l’animal en face de moi, coupée du reste du monde.

À cet instant, je comprends parfaitement Adine. Son lien profond avec ces animaux. Ce qu’elle veut dire lorsqu’elle parle d’eux comme s’il s’agissait de ses enfants, avec chacun sa propre personnalité. Je comprends l’énergie qui anime Camp Jabulani. Celle qui pousse à dire : on ne peut pas rester sans rien faire.

Un autre après-midi, assis dans notre véhicule de safari à toit ouvert, nous observons la harde d’éléphants nager dans l’un des plans d’eau, batifoler ensemble dans l’eau fraîche, retourner et lancer des bâtons à l’aide de leurs trompes, s’éclabousser et s’asperger joyeusement.

Plus tard, nous les suivons à pied dans la nature, accompagnés d’un guide, d’un gardien d’éléphants et d’un ranger. Nous les observons, émerveillés, se diriger vers le bâtiment où ils passeront la nuit, tandis que Tigere Matipedza, responsable des éléphants, nous décrit l’aménagement de leur maison, nettoyée tous les jours, et la façon dont ils sont regroupés selon les préférences de chacun.

En passant de tels instants avec les éléphants dans leur habitat naturel, la savane paisible, l’harmonie se dévoile pleinement à notre regard, devient palpable. Tout est à sa place : les animaux, les arbres, la végétation, et l’homme, qui fait de son mieux pour préserver tout cela.

 

Photos: © Tamlin Wightman

 

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