Balade écossaise
dans un château enchanté

Avec ses tours crénelées et ses murs roses, Glenapp Castle surgit au milieu des hauts arbres qui l'entourent, comme au détour des pages d’un roman de Walter Scott. Édifié sur la côte sud de l’Écosse, en surplomb de la mer et du village de Ballantrae, c’est un hôtel rempli de charme…et de surprises.

Balade écossaise|dans un château enchanté

Avec ses tours crénelées et ses murs roses, Glenapp Castle surgit au milieu des hauts arbres qui l'entourent, comme au détour des pages d’un roman de Walter Scott. Édifié sur la côte sud de l’Écosse, en surplomb de la mer et du village de Ballantrae, c’est un hôtel rempli de charme…et de surprises.


Édifié sur la côte sud de l’Écosse, en surplomb de la mer et du petit village de Ballantrae, typique des châteaux de style « baronnial écossais », c’est-à-dire d’inspiration médiévale, entre gothique et renaissance, Glenapp est le fantasme d’un self-made-man écossais. James Hunter, devenu millionnaire grâce au commerce de l’acier, fit construire en 1870 une demeure à la mesure de sa réussite. Longtemps propriété privée, ce château, membre de Relais & Châteaux depuis 2002, a pris grand soin de conserver son esprit « maison de famille ». La famille Szkiler qui en a fait l’acquisition il y a quelques années, ne cesse aujourd’hui de l’embellir et de proposer de nouveaux loisirs à ses hôtes. De quoi en faire l’une des plus belles étapes en Écosse.

Surprise ! Il n’y a pas de réception, pas de desk, quand on entre à Glenapp Castle. Rassurez-vous, vous serez bien accueillis (plus de cinquante personnes travaillent ici…), mais la volonté est de conserver l’ambiance d’une maison de famille. Une grande maison tout de même, si l’on en juge par la taille du hall d’entrée, tout lambrissé d’étonnants panneaux de chêne tigrés en provenance des forêts autrichiennes.

Les dimensions des 17 chambres et suites de Glenapp ne laissent aussi aucun doute sur le statut aristocratique de la demeure. Comptez 22 m2 pour la plus petite et 55 m2 pour les suites… en attendant l’ouverture, courant 2019 d’un appartement de 600 m2 couvrant tout le dernier étage, avec quatre chambres, sauna-terrasse et butler privé.

Sous les plafonds à moulures, la décoration mêle soie et chintz fleuris, édredons moelleux et meubles anciens. Le raffinement est poussé jusqu’au moindre détail, comme avec les produits d’accueil siglés Penhaligon’s dans les salles de bain. Le parfumeur londonien qui avait autrefois les faveurs de la reine Victoria n’est-il pas aujourd’hui le fournisseur officiel du Prince de Galles ? 

D’ailleurs, salle de bal ou salle de bains ? À voir la dimension de certaines d’entre elles, la question peut légitimement se poser.
 

Ancienne terre des comtes des Orcades, le parc qui entoure Glennap ne fait pas moins de quinze hectares. Entre forêts, lac et rivières, plates-bandes et potager, on cultive aussi l’essentiel des fleurs qui embellissent chaque pièce du château. À la tête de l’équipe des cinq jardiniers, une femme, Ann-Mary, et trois fois par semaine, Janice, qui vient composer les bouquets.
 

Au rez-de-chaussée, la bibliothèque avec son mobilier Chesterfield est décorée d’un portait de Sir Winston Churchill. Un hommage à celui qui fut l’hôte des propriétaires dans les années 1940. Le Premier ministre britannique venait ici chasser, mais aussi s’adonner à son hobby favori : la peinture. À l’heure de l’apéritif, c’est l’occasion de goûter ici l’un des cinquante whiskys proposés à la carte. En majorité écossais. Of course !

Tandis que dans le grand salon, on ravive sans cesse le feu qui brûle dans la cheminée, le couvert est dressé dans l’une des deux salles à manger du château. Le chef, David Alexander, réussit la prouesse d’y servir le soir un dîner en cinq services d’une étonnante légèreté.
 

Sa force ? Les produits locaux. Outre les légumes, les fruits et les herbes en provenance du potager de Glenapp, le chef se fournit dans le comté d’Ayrshire pour ses poissons et coquillages, son agneau, son bœuf ou ses beaux fromages tel le Barwheys cheddar. À sa carte, risotto à la betterave et tuile de parmesan, filet de saumon et purée de chou-fleur rôti ou Saint-Jacques au bouillon de pommes Granny.
 

L’autre enchantement de ces déjeuners et dîners, c’est bien sûr la vue sur la campagne alentour. Au premier plan, les jardins italiens dessinés par la fameuse paysagiste Gertrude Jeykill, puis les frondaisons multicolores du parc, et enfin la brume sur la mer d’Irlande et la silhouette au loin de l’île volcanique d’Ailsa Craig.
 

Ne manquez pas de faire un tour dans le merveilleux potager clos de mur, à quelques pas du château. Protégés des vents, les fruits, les fleurs, les légumes, et même des plantes exotiques y prennent racine. Un véritable éden où la présence de l’homme n’effarouche en rien les oiseaux de passage.
 

D’avril à octobre, c’est l’endroit rêvé pour prendre le traditionnel five o’clock tea. Pâtisseries et biscuits maison, Lapsang Souchong brûlant, le tout avec vue sur la grande serre victorienne, bâtie avant même le château, en 1840. La famille Szkiler la fait actuellement rénover. Rien n’étant trop beau pour Glenapp.
 

Depuis que la famille a fait l’acquisition du château, leur volonté est d’en faire le centre d’une multitude d’activités. On peut y jouer au tennis, tirer à l’arc, y faire des parties de croquet… et bien sûr s’y adonner en saison, et avec l’aide d’un guide spécialisé, à la pêche au saumon ou à la truite sauvage dans la rivière voisine, la Stinchar.
 

Depuis 2016, Glennap possède même son propre bateau, avec Roddy son skipper. Celui-ci peut embarquer jusqu’à 8 personnes à son bord. À vous de choisir si vous voulez caboter le long des plages, filer jusqu’aux îles voisines, ou même vous initier bientôt à la pêche avec un aigle dressé ! Une activité que met actuellement au point Roxanne, le maître fauconnier qui travaille pour Glenapp.
 

Dernière chose, et pas des moindres, la côte regorge ici de terrains de golf (Donald Trump a même le sien, où il est allé passer quelques jours l’été dernier).  Le plus proche est celui de Girvan. Depuis ses greens, on swingue avec en toile de fond l’île volcanique d’Ailsa Craig, ronde comme un chapeau melon. Le saviez-vous ? Le gisement de granit bleu sur l’île est d’une telle qualité, que toutes les pierres pour le curling employées aux Jeux olympiques doivent obligatoirement provenir d’ici. 

 

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