Voyage immobile
dans les années 20

Petit chef-d’œuvre d’Art Déco, l’Hôtel Parc Victoria à Saint-Jean-de-Luz est un lieu à part, qui entraîne ses visiteurs... un siècle plus tôt.

Voyage immobile | dans les années 20

Petit chef-d’œuvre d’Art Déco, l’Hôtel Parc Victoria à Saint-Jean-de-Luz est un lieu à part, qui entraîne ses visiteurs... un siècle plus tôt.

Pousser les portes de l’Hôtel Parc Victoria, c’est embarquer pour un double voyage. Un voyage qui semble bien loin de Saint-Jean-de-Luz, d’abord, au milieu d’un parc d’un hectare magnifiquement fleuri, au fil duquel se lovent discrètement une série de suites, à l’ombre d’une somptueuse demeure Art-Déco...

Un voyage dans le temps, aussi, car ce thème, Art Déco, ne disparaît pas une fois passés les seuils de la maison, des chambres, des divers bâtiments. Tout au contraire ; chaque meuble, chaque poignée de porte, chaque détail rappellent la fascination des propriétaires, Roger Larralde et Richard Pérodeau, pour les Années folles. Leur incroyable abnégation, aussi : aucun des éléments n’est une imitation, chacun date réellement du début du siècle dernier et a donc été chiné au fil de milliers de brocantes, arpentées depuis trente ans, dont certaines pièces plus que précieuses, comme une table n’existant qu’en huit exemplaires ou le bar ayant appartenu au comédien Raimu. Entrer dans cet hôtel, c’est être transporté dans des photos de famille, propulsé au cœur de Gatsby le Magnifique ou de Metropolis.

Il s’en fallut de peu, pourtant, que cette maison ne disparaisse ; en 1986, c’est presque par hasard que Roger Larralde et Richard Pérodeau apprennent qu’elle risque d’être rasée au bénéfice d’un programme immobilier. Les deux hommes rassemblent alors leurs économies et leurs forces pour racheter la demeure et défricher un parc laissé presque entièrement à l’abandon.

Cinq ans après, en 1991, l’hôtel ouvrait ses portes et n’a cessé, depuis, de s’agrandir. Autour de la somptueuse piscine, deux restaurants ont notamment vu le jour, dont le gastronomique « Les Lierres ». Sous la houlette de Guillaume Applaincourt, formé — entre autres — par Jean-Marie Amat au Saint-James de Bouliac, on y savoure des produits frais et locaux. « Des choses simples que l’on travaille de manière raffinée », sourit le chef. Avec, sans surprise, une large place laissée au poisson, mais aussi à la truffe. Et une spécialité, transmise depuis la création de l’établissement : la Luzeoize, crème de langoustines dont raffolent les habitués. Le tout, bien évidemment, dans des salons Art Déco à la fois superbes et intimes, qui confèrent à l’endroit les faux airs d’une pension familiale où l’on ne vient pas pour être vu, mais pour profiter du temps suspendu.
 

La somptueuse demeure Art-Déco de l'Hôtel Parc Victoria
Le Pavillon des Chouettes
Objets et meubles anciens sont présents partout dans cette demeure victorienne
La chambre Junior Suite, avec sa magnfique tête de lit boisée et sa lithographie de Picasso
Roger Larralde et Richard Pérodeau, propriétaires et collectionneurs
Guillaume Applaincourt, le chef du restaurant Les Lierres 
Noix de Saint-Jacques en croûte d'herbes et artichaut poivrade, accompagné d'une vinaigrette vanillée
La sublime plage de Saint-Jean-de-Luz, à quelques minutes de l'Hôtel Parc Victoria
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