Costa Rica: à la recherche
de l’énigme verte

Voici une destination qui démarre au quart de tour. Immédiatement des plages, des forêts tropicales, l’azur de la « Suisse » d’Amérique latine. C’est ici que s’est déposé Nayara Springs, une adresse singulière alliant papaye, excellence et réconciliation avec la nature.

Costa Rica: à la recherche|de l’énigme verte

Vue du Volcan Arenal depuis Nayara Resort

Voici une destination qui démarre au quart de tour. Immédiatement des plages, des forêts tropicales, l’azur de la « Suisse » d’Amérique latine. C’est ici que s’est déposé Nayara Springs, une adresse singulière alliant papaye, excellence et réconciliation avec la nature.

L’arche de Noé aurait choisi le Costa Rica


Ce pays est une énigme. On aurait presque envie de le cacher pour soi. De le glisser sous sa veste et de placer l’index sur ses lèvres. Ne pas dire un mot, écouter plutôt le sien. Il serait presque muet. Sentirait la chlorophylle, l’eucalyptus, le menthol. Il laisserait même la parole. Aux oiseaux surtout (915 espèces). Au bruissement des plantes (10 000), des orchidées (1 600). Au vol glissé des papillons (15 000, ou 7 000 selon la préfecture). Aux patrouilles d’insectes (34 000). Aux mandibulations des amphibiens (160). Ça remue partout : poissons, mammifères, larges feuilles… Si elle n’avait pas accosté en Arménie, sur le mont Ararat, l’arche de Noé aurait choisi le Costa Rica. Sans doute parce qu’il y a une bonté d’âme dans ce pays situé sur l’isthme reliant l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, entre Pacifique et Atlantique. Il fallait tout de même être bien téméraire et confiant pour supprimer son armée (1948), se déclarer neutre et envoyer à la casse tanks, casquettes, fusils et bombinettes. Ça doit faire un bien fou. On doit gagner en légèreté et se concentrer sur sa propre nature.

La nature précisément. C’est elle qui a pris le pouvoir. Parfois même, elle tire les ficelles, embarque les gouvernements successifs à donner la leçon à la planète entière. C’est bien simple, la nature est vécue ici comme une fierté, comme un monument national. On la protège donc. On la laisse chauffer les eaux, accélérer les turbines des barrages, maturer le compost. 100 % de l’énergie est renouvelable ; ni charbon ni pétrole. La nature peut donc exhiber vingt- six parcs nationaux, neuf réserves écologiques, trente réserves nationales de faune, douze réserves forestières… Avec un clin d’œil jouissif pour clôturer la danse : la fermeture des zoos et la remise en liberté de 400 animaux.

Réserve pour animaux en détresse, Proyecto Asis


Rien de plus volatil que le voyage


Faut-il encore soigner ses atterrissages. Combien de paradis perdus, de papillons envolés ?Rien de plus désolant que de se retrouver dans un embouteillage de touristes au bord d’un pont suspendu, les blagues des groupes, les instragrameurs d’araignées velues. Le monde peut devenir cruel. Vous qui rêviez d’être le promeneur solidaire, ce wanderer marchant au-dessus des nuages (1818) de Caspar David Friedrich, surplombant le monde et les fourmis.Vous remontiez votre fleuve, tel le Marlow de Conrad dans la forêt. Rien de plus volatil qu’un voyage. Un éternuement et patatras, le vagabond romantique qui sommeillait en vous se réveille en sursaut, figé dans un tableau du Douanier Rousseau, entre naïf et brut. Pour un peu Babar surgirait.Pour cela, il est louable de réussir son retour sur terre, quitter les vapeurs feuillues, trouver l’hospitalité compréhensive. Elles ne sont pas si nombreuses à réussir ces retours dans l’atmosphère, entre douceur et civilités, discrétion et service. Vous voici donc au pied du volcan Arenal, dans les cordillères du Nord. Celui-ci est intrigant dans sa forme parfaite. C’est un cône idéal. Il ne dort que d’un œil. Les nuages qui passent dans le coin viennent régulièrement lui poser une collerette, s’inquiètent de sa santé. Mais celui-ci n’éternue plus depuis dix ans. Il laisse la terre vaquer à ses pieds, comme si elle ne méritait plus ses colères et ses toux subites. Il y a là comme une réconciliation tapie dans la vallée. Comme un pacte avec les dieux. La réussite du Nayara Springs doit s’entendre dans ce sens. Ici, on a compris qu’il fallait pactiser avec les éléments et surtout la nature humaine. Éviter d’importer des barmaids de Singapour, des chefs de Genève et des butlers d’Édimbourg.
 


Les voyages vous troublent par leur étrangeté


​​​​​On réalise alors que le Costa Rica est loin d’être un pays anodin. Ce n’est pas seulement une destination de rêve, écologiste à souhait. Le Costa Rica a les pieds bien sur terre. Par sa politique de l’éducation, de la santé et de la protection de l’environnement, il est depuis 2009 classé à la première place mondiale du Happy Planet Index et en 2012 à la cinquième place de l’indice de performance environnementale. Une étude récente témoignait que selon l’indice d’inégalité des genres, le Costa Rica est le pays le plus égalitaire d’Amérique latine avec un développement humain performant. Plus de 80 % des habitants vivent au-dessus du seuil de pauvreté, le taux d’alphabétisation est proche de 100 %. Bien souvent, les voyages nous décentrent. Ils nous troublent par leur étrangeté et nous revenons à la fois rassasiés, interdits. Parce que nous n’avons pas su les accueillir.

"Je pense, qu’il faut être en harmonie avec ses actes. Respecter la nature, c’est aussi être cohérent du petit déjeuner au retour des employés dans la ville voisine. Notre force et notre sérénité, nous les trouvons en étant en accord avec nous-mêmes."

Leo Ghitis, propriétaire associé

Par chance dans le domaine de Nayara Resorts, une sorte de fil ténu peut nous faire basculer vers une autre quête. De repos, de paix, de cette sérénité que le corps est à même de conférer. Dès le matin, parmi les chants des oiseaux, le mouvement doux des plantes tropicales, des cours de yoga, de méditation, nous pousse à sortir du rôle rabâché de touristes promenant neurasthénie et cartes de crédit. Il s’agit juste d’une petite marche à franchir. Écouter la leçon de la nature, ses résolutions légères et si profondes. Mieux manger, moins. Mieux respirer, plus lentement. Changer de peau. Passer sous une douche invisible et revenir un peu plus neuf, un peu moins ricanant et vaguement plus heureux. Le voyage au Costa Rica, et notamment dans ces établissements à l’approche raisonnée du voyage, participe à ces expériences fondatrices. 

Cela devient alors presque un jeu. Repenser la lumière. Le soleil est ici fascinant dans sa façon de taper. Il joue les astres. Aveugle, noircit les ombres. Là aussi, c’est une piste. Ces réverbérations recrudescentes sont comme une rampe. Ne la lâchez pas. Elle pourrait vous mener à saint Thomas d’Aquin lorsqu’il évoque cet « excès de lumière délectable » que constitue le paradis. Il fait même parfois si clair que l’on n’y voit plus rien… Rassurez-vous, on ne vous retrouvera pas dans l’aéroport de San José habillé en toge et portant votre lanterne. Les séjours au Costa Rica ne participent pas de l’illumination pure. Ils savent rester simples, et même prosaïques.
 

Nicola di Paolo Stio, chef trois étoiles de Nayara Springs s'est frotté aux grands d'Espagne (El Bulli, les frères Rocca...) avant de s'installer dans les cuisines de Nayara. Pour lui, la cuisine du Costa Rica a tout l'avenir devant elle: "Elle peut évoluer sainement avec toutes les nouvelles valeurs de la cuisinie moderne: équitable, locale, responsable, sans le poids des traditions et de l'usage." 
Ceviche mixto au restaurant Mis Amores

« Il y a sept ans, Nayara Springs n’était qu’un petit hôtel. Aujourd’hui, il est reconnu comme le numéro un en Amérique centrale avec des indices de satisfaction exceptionnels. Tout cela ne se travaille pas en superficie, mais en se comportant de façon très honnête avec les employés avec des salaires plus que décents et l’ouverture aux postes de responsabilité. Ils sont quasiment tous issus de La Fortuna, la ville voisine. Voilà pourquoi, pour ces 300 personnes, nous devons être également présents dans les cantines, les écoles, les fondations. Dans cette même logique, notre approche de l’environnement est de le respecter, de recycler l’eau, de ne pas utiliser de produits chimiques, d’être autonomes en énergie renouvelable. Nous achetons sur place, pour consolider l’économie locale. De ce fait, ceux qui travaillent ici sont heureux et dans cette logique vertueuse, les clients en bénéficient et nous récompensent par une fidélité et des témoignages élogieux. »

Frédéric Cappello
Directeur Nayara Springs

 

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