L’effet papillon – Entretien avec Tina Aponte

« La moindre gentillesse résonne très loin dans le temps et l’espace, en affectant des vies inconnues. La personne généreuse à l’origine de cette résonance bienfaisante l’ignore, mais la bonté grandit à mesure qu’elle se propage... » ― Dean Koontz

L’effet papillon – Entretien avec Tina Aponte

« La moindre gentillesse résonne très loin dans le temps et l’espace, en affectant des vies inconnues. La personne généreuse à l’origine de cette résonance bienfaisante l’ignore, mais la bonté grandit à mesure qu’elle se propage... » ― Dean Koontz

Avant de passer un peu de temps avec elle, il m’est apparu évident que Tina Aponte, Directrice Générale du Royal Chundu, en Zambie, était une de ces personnes, et que ses actions résonnaient bien au-delà du lodge lui-même. L’effet papillon semblait bien réel et plus j’en apprenais, plus je réalisais que c’était elle, le papillon, ou du moins l'une de ces personnes si généreuses.

Je l’ai compris grâce aux mots et aux visages du peuple Mushekwa, la communauté locale que j’ai rencontrée lors de ma première visite au lodge familial, situé sur une rive privée du Zambèse. La communauté ne tarissait pas d’éloges sur « Mamma Tina », me révélant une facette de Tina que, par modestie, elle ne m’aurait jamais laissé entrevoir.

Tina Aponte du Royal Chundu en Zambie

Les Mères de Mushekwa m'ont dit à quel point leur vie avait changé depuis que Tina avait repris le lodge. Combien les choses s’étaient améliorées grâce à sa générosité et aux projets communautaires qu’elle a lancés sur leur rive, comme l’école Royal Chundu, la visite guidée de la communauté pour les voyageurs, l’embauche et la formation de membres de la communauté au lodge, le financement d'un jardin potager par la fourniture de graines et l’achat de produits, et le soutien apporté aux pêcheurs locaux.

Plus je passe de temps avec Mamma Tina, plus je prends conscience de l'impact sur ma propre vie. Son effet papillon est infini, chaque acte de gentillesse est le point de départ d'un nouveau cycle. Sa foi en la bonté des individus pousse tous ceux qui croisent son chemin à lui donner raison (même si elle l’attribue au calme du Zambèze). L’art de la compassion fait son œuvre et anime tout ce qu’elle touche, y compris le Royal Chundu.

Pour le mois de la femme, célébré en ce mois d’août en Afrique du Sud, nous mettons à l’honneur Mamma Tina pour vous faire prendre la mesure de cette source d'inspiration que nous avons eu la chance de rencontrer. 

À lire dans notre petit entretien ci-dessous.

Tamlin Wightman : Bon mois de la femme de la part de Relais & Châteaux Afrique. Pour vous, que signifie être une femme ?

Tina Aponte : Je vis et je travaille en Afrique rurale, et le rôle des femmes dans la communauté force l’admiration. Les femmes sont à la fois nourricières, rassembleuses, porteuses d’eau, éducatrices, titulaires de l’autorité, maîtresses de maison, baby-sitters, agricultrices, et la liste est encore longue... et ce, toujours avec le sourire, sans jamais se plaindre. Les femmes sont le ciment de la communauté, et c’est bien cette leçon que j’ai apprise : l’esprit de communauté est entièrement défini et nourri par les femmes, ce sont elles qui tissent les liens familiaux et sociaux, dans la joie et la bienveillance. J’aspire à les imiter, à suivre leur exemple.

« On dit qu'une chose aussi infime que le battement d'ailes d'un papillon peut déclencher une tornade à des milliers de kilomètres – La théorie du chaos. » – L’effet papillon

Le chef du Royal Chundu, Sungani Phiri et Tina

TW : Vous qui voyagez beaucoup pour le travail et le plaisir, nommez 5 choses que le voyage vous a apprises sur vous, la vie et l'amour.

TA : J’adore le dicton : « Qui vit voit beaucoup, qui voyage voit davantage ». C’est absolument vrai ! Voyager ouvre l’esprit à de nouveaux cadres de vie, à de nouvelles cultures, cuisines et mentalités. Si les limites de notre langage constituent les limites de notre esprit, alors on peut en dire de même de nos environnements et de nos situations, qui nous limitent. Je pense que voyager nous apprend à aller au-delà de ce que nous connaissons et nous donne un nouveau langage pour voir le monde. J'ai eu la chance de voyager pour mon travail, mais mes plus beaux voyages sont ceux que j’ai vécus avec mes deux garçons, parce que voir le monde à travers leurs yeux me permet moi aussi d’observer avec un regard neuf.

« On pensait que les événements qui changeaient le monde étaient les bombes atomiques, les hommes politiques fous, les séismes destructeurs, les grands mouvements de population, mais on a finalement réalisé que cette vision était très démodée et nous éloignait de la pensée moderne. Ce qui change vraiment le monde, d'après la théorie du chaos, ce sont les petites choses. Comme le battement d'ailes d'un papillon dans la forêt amazonienne qui déclenche une tempête ravageant la moitié de l’Europe. » ― Neil Gaiman

TW : Où vous sentez-vous chez vous, en paix ? Et pourquoi ?

TA : J’essaie de trouver la sérénité où que je sois ; je sais que ça fait cliché, mais c’est la vérité. Il faut dire que j’ai la chance de passer une grande partie de mon temps sur un bateau au milieu du Zambèse, à regarder le coucher du soleil, les éléphants qui s'abreuvent, les hippopotames qui grognent dans le fleuve, tandis que je sirote un gin tonic bien frais ! Qui ne se sentirait pas en paix, chez soi, dans ces conditions ?

TW : Quelques mots sages que vous aimeriez partager avec les plus jeunes ?

TA : Faites des enfants plus tôt, et faites-en beaucoup plus ! La famille est tout pour moi, et ma plus grande histoire d'amour, c’est avec mes enfants que je l’ai vécue ; qui savait que le cœur pouvait contenir tant d'amour ? Imaginez si j’en avais eu plus !

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