Séoul, gigantesque et secrète

Si on veut bien s’en donner la peine, Séoul a ses secrets, ces endroits magiques où les âmes des anciens sont encore perceptibles. A l’instar de Shanghai, Séoul a zappé son passé. Les trente glorieuses de la Corée s’acheminent vers la cinquantaine et le modèle urbain américain a fait flores.

Séoul, gigantesque et secrète

Si on veut bien s’en donner la peine, Séoul a ses secrets, ces endroits magiques où les âmes des anciens sont encore perceptibles. A l’instar de Shanghai, Séoul a zappé son passé. Les trente glorieuses de la Corée s’acheminent vers la cinquantaine et le modèle urbain américain a fait flores.

On expérimente d’abord des avenues à deux fois six voies alignées au cordeau pour que la voiture règne en maîtresse et quand on vous dit à Séoul qu’un endroit n’est pas loin, traduisez : une heure de taxi ou de métro. Mais si on veut bien s’en donner la peine, la mégalopole a ses secrets, ces endroits magiques où les âmes des anciens sont encore perceptibles.

cuisine gastronomique coréenne au restaurant Si.Wha.Dam

Comme dans le reste du monde, les marchés sont toujours un instant de vérité
D’abord parce que l’on y découvre les couleurs et les odeurs qui signent la géolocalisation du lieu, mais surtout parce que les clichés de la globalisation n’y ont que peu de place. Mais attention, à Séoul on expérimente en plus, la plus grande concentration de cuisine de rue de la planète. Et le quantitatif ne serait rien si la qualité de ce que l’on peut y déguster n’était pas exceptionnelle. Au marché de Namdaemun, tout est possible. 

Evidemment la viande ou le poisson cuits au barbecue à la table, mais aussi des plats à composer soi-même avec l’incontournable kimchi national (choux fermenté, légumes et piment) dont l’on aurait tort de croire qu’il n’en existe qu’une seule recette. Les dispositifs de cuisson rivalisent d’ingéniosité et la gentillesse des commerçants n’a d’égale que leurs talents de cuisiniers. Là, même si les gratte-ciels ne sont pas loin, on peut plonger dans l’histoire très ancienne des goûts et des couleurs de la ville.

Si le sud de Séoul est bien plat, le nord est plus vallonné. On monte beaucoup dans le quartier Insadong pour arriver à Si.Wha.Dam. 
A l’arrivée, on ne comprend pas tout de suite très bien ce qui se passe dans ce bâtiment sobre et élégant. Un Musée ? Un magasin d’antiquaire ? Peu de signes en tous cas qui laisseraient penser à un restaurant. Et pourtant, c’est bien de tout cela dont il s’agit, un objet unique qui offre d’abord à voir avant de goûter. 

La vitrine extérieure présente des objets très anciens côtoyant des pièces plus contemporaines. A Si.Wha.Dam on déambule d’abord entre les œuvres, sculptures, peintures, installations vidéo avant de monter à l’étage et pénétrer dans l’une des salles portant le nom de Modigliani ou Matisse. 

Car ici, le menu qui vous est servi porte un titre qui dit tout de l’expérience : « A beautiful painting ». Chaque plat est conçu comme une expérience picturale et plastique, hommage à des tableaux célèbres ou référence à des carreaux de céramique les plus anciens, le tout servi dans une vaisselle magnifique, également composée de multiples pièces d’art.

Et pour sentir le Séoul invisible, rien ne remplace le jardin secret du palais de Changdeokgung. 
Manquer cette visite (pour laquelle il est prudent de réserver), c’est se priver de 500 ans d’histoire à vivre par l’expérience la plus sensitive qui soit. On passe ici de la fureur de la ville à la quiétude la plus subtile, un retour en arrière qui ne nécessite aucun autre guide que ses cinq sens. De la quiétude à la philosophie il n’y a qu’un pas, l’endroit est idéal pour refaire son monde.

 

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