Au royaume des lions et des léopards

Les plaines du Kenya abritent des paysages et une nature à couper le souffle. Lieux d’accueil de safaris traditionnels, Ol Donyo Lodge et Mara Plains Camp servent de base idéale pour découvrir la faune et les prédateurs qui peuplent cette nature magnifique.

Au royaume des lions et des léopards

Les plaines du Kenya abritent des paysages et une nature à couper le souffle. Lieux d’accueil de safaris traditionnels, Ol Donyo Lodge et Mara Plains Camp servent de base idéale pour découvrir la faune et les prédateurs qui peuplent cette nature magnifique.

Comme l’a si bien décrit Karen Blixen dans son livre La Ferme Africaine, adapté plus tard au cinéma sous le titre Out of Africa, "Une fois que vous avez senti en vous la vie trépider – la vraie vie s’entend – impossible de ne plus y penser. Celle-ci pénètre le plus profond de votre être et vous emmène pour un voyage vers des horizons insoupçonnés."

Plus de 80 ans après que Karen a publié le récit de sa vie au cœur de la région de Ngong Hills, au Kenya, j’ai rejoint à mon tour le Ol Donyo Lodge, dans la réserve des Grandes plaines, où les collines de Chyulu s’étirent et côtoient le parc national d’Amboseli. Puis j’ai découvert Mara Plains Camp, dans la réserve privée d’Olare Motorogi, en lisière de la réserve de Masai Mara.

Ces pistes évoquées par Karen sont aujourd’hui les traces laissées par notre jeep, fendant le territoire à la recherche d’une faune sauvage. Bien après mon retour, elles continuent de défiler dans ma tête. Vivre ne serait-ce qu’un instant aux côtés des lions et des autres grands félins – léopards et guépards, immenses éléphants et hordes de gnous et de zèbres, de hyènes et de girafes, de topis et d’impalas, de serpentaires et de touracos –, c’est sentir la vie qui bat en vous comme jamais auparavant.

C’est un sentiment de peur et d’inconnu, l’humilité et l’émerveillement de sortir de votre zone de confort et de vous retrouver face à la menace et à la majesté des animaux sauvages. Ici, pas de paroi vitrée ni de grillage, non : vous vagabondez véritablement avec eux, vous dormez et vous mangez à leurs côtés… un sentiment qui ne cesse de vous poursuivre.

Au Ol Donyo Lodge, le safari se déroule sur les 110 000 hectares du ranch collectif de Mbirikani au sud-est du Kenya, tout près du parc national de Chyulu Hills, avec en point de mire le sommet le plus iconique du continent, le Kilimandjaro. Le ranch est la propriété de 4 000 Maasaïs, qui le louent à la réserve des grandes plaines. Le loyer et les frais d’accueil sont reversés à la communauté. Ils assurent ainsi l’entretien du ranch et permettent aux animaux sauvages de continuer d’évoluer dans leur milieu naturel.

La région est riche en faune sauvage, c’est ici que vous pouvez voir les derniers éléphants géants d’Afrique et écouter le rugissement des léopards et des lions qu’on réintroduit pour prévenir l’extinction qui les guette. Le matin comme l’après-midi, nous sommes allés observer la faune avec le guide et photographe maasaï Jackson Lemunge, et nous avons passé du temps en compagnie des antilopes et des oiseaux. Les prédateurs restent discrets dans ces contrées, mais ce n’est pas un problème : au contraire, cela permet des randonnées exceptionnelles, de monter à cheval ou de faire du VTT à travers plaines et collines.

Un jour, après une balade matinale à cheval et un petit déjeuner de brousse à l’ombre d’un acacia, ma guide Nadine Ospelkaus et moi-même nous sommes retrouvées encerclées. Seules dans la nature, nous avons observé le défilé sans fin de girafes qui avançaient à l’horizon. De gauche à droite, une horde de gnous et de zèbres faisaient voler la poussière, tandis qu’un berger maasaï et son bétail se rapprochaient pour compléter le tableau. Ce n’est pas de la peur que nous avons ressentie, non, mais bel et bien ce sentiment intense de faire littéralement partie de cette scène sauvage, d’être l’un de ses acteurs, l’un des animaux.

Plus à l’Ouest, dans l’enceinte du Mara Plains Camp, au cœur d’une épaisse forêt au bord du fleuve Ntiakitiak, à la frontière Nord de la réserve nationale de Maasaï Mara, je me suis retrouvée dans un paysage très différent : au cœur du pays des prédateurs. Avec mon guide, Nicholas Ratia, nous avons saisi la moindre opportunité d’observer la vie sauvage, au petit jour, en fin d’après-midi ou au cœur de la nuit, à bord d’un véhicule, le soir au dîner dans le camp ou simplement couchés dans d’immenses tentes caravanes. Chaque fois, les bruits, les vues et les odeurs du safari nous cernaient de toutes parts.

 

Voir les lions s’accoupler, se nourrir, dormir, jouer et s’amuser, observer le soleil se lever sur une maman léopard et ses petits, les félins qui s’agitent, se lapent et s’ébattent de concert quand ils s’éveillent : des scènes uniques qu’autorisent le caractère exclusif du camp, sa situation isolée. Il est en effet l’un des cinq campements seulement sur les 40 000 hectares que compte la réserve. 

Pour ce qui m’a semblé être une matinée entière, Nick, nos léopards et moi-même sommes restés assis en silence. Aucune âme en vue. Quelques mètres seulement nous séparaient d’eux. Quand les petits sont venus renifler notre pneu et frôler l’arrière du véhicule, la mère m’a regardée et ses yeux bleus ont rencontré les miens. J’ai senti son regard me pénétrer. Exactement ce que Karen Blixen évoquait. J’ai senti la vie bouillonner en moi, et j’ai su que ce sentiment ne me quitterait jamais.

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