Diamant blanc sur sable noir

Comment se nomme cette île ? Les grecs l’appellent Théra. Pourtant au XIIIème siècle les vénitiens l’avaient baptisée Santorin (en hommage à sainte Irène), un patronyme que le monde entier utilise encore.

Diamant blanc sur sable noir

Comment se nomme cette île ? Les grecs l’appellent Théra. Pourtant au XIIIème siècle les vénitiens l’avaient baptisée Santorin (en hommage à sainte Irène), un patronyme que le monde entier utilise encore.

Reste que si vous y allez, et que vous avez la chance de séjourner au Kirini Suites & Spa, nul doute que vous aurez envie de la nommer comme du temps de l’antiquité : Kalisté, « la très belle ».

Avec ses plages de sable noir, la plus méridionale des îles des Cyclades est peut-être la plus originale de toutes. Vue du ciel, elle a un peu la forme de l’Angleterre, dimensions mises à part ! Cette configuration, elle la doit à une explosion qui date de 1 600 ans avant J.-C. Le volcan en son centre éclate, Santorin se brise, s’effondre, et la mer s’engouffre, formant cette immense baie au pied de la côte ouest : la caldeira.

Séjour à Santorin

À cause de ces colères de la terre, à l’extrémité de l’île, le village d’Oia s’est ainsi retrouvé perché sur de hautes falaises, dominant la mer Egée. Maisons blanches, églises à coupoles, interminables escaliers qui descendent au petit port : le décor est à couper le souffle. Et c’est ici que s’est installé le Kirini.

Accroché au flanc de la falaise, cet hôtel Relais & Châteaux domine d’un côté la rade, avec le spectacle sans cesse en mouvement des bateaux, et de l’autre possède une vue sur ce minuscule village de 900 habitants dont il marque l’entrée. Point de ralliement des hôtes ? La piscine à débordement qui jouxte le restaurant.

Disons le tout net, le Kirini en lui même est un village. Ses 26 chambres et suites sont autant de petites maisons semées comme des confettis, le long des escaliers. Creusées à même la roche, ou semi troglodytes, ces cocoons blancs sont des haltes de fraîcheur sous le soleil souvent torride de l’île.

Dans un style contemporain et lumineux, l’architecte Dimitris Tsitsos a achevé en 2015 la redécoration complète de l’hôtel. Ce qui n’a pas changé ? Chacune des chambres possède sa terrasse privée, face à la mer Egée.

Certaine de ces scafta (le nom traditionnel en Grèce pour ces maisons taillées dans la roche) ont même le privilège, en plus de leur terrasse, de disposer d’un jacuzzi ; voire, pour certaines suites, de leur propre piscine.

Affutez vos mollets ! Si un ascenseur central dessert tous les niveaux du Kirini, il n’en reste pas moins que vous devrez sans nul doute emprunter un escalier pour vous rendre à votre chambre. Outre leur fleurissement, ces volées de marches grises et blanches sont sans cesse repeintes. Une personne se consacre entièrement à cette tâche à longueur d’année.

Entre lavande et oliviers, à deux pas du bar, quelques coussins sur une banquette de pierre, un parasol, un verre de vin local choisi avec l’aide du sommelier, et des lunettes de soleil : la panoplie parfaite pour savourer le roman de l’été.

Sous la houlette de la jeune Ilianna Chavianidou (photographiée à l’entrée du Spa), une équipe d’une trentaine de personnes accueille ici les hôtes du Kirini. À l’image d’Héraclès, le personnel œuvre ici pendant une saison de six mois, du 1er avril au 1er octobre.

Du petit-déjeuner au dîner, au bord de la piscine ou dans la salle à manger avec ses baies vitrées face au panorama, les produits grecs sont mis à l’honneur dans le restaurant du Kirini, l’Anthos (la fleur).  Raviolis aux champignons, agneau et sa purée de céleri ou mousse de yaourt au miel et aux noisettes : vous pourrez y découvrir toute la gourmandise des cyclades.

Notre heure préférée dans cet hôtel de charme, reste sans conteste celle où le soleil se couche.

En contrebas des falaises arides, les bateaux sont au mouillage, et depuis les terrasses, les lumières s’allument dans les ruelles d’Oia. C’est ici qu’on ira, « à la fraîche », faire un dernier tour ou boire un ultime verre dans les petits bars locaux.

Quelle image emporter de Santorin ? Peut-être celle-ci, comme sortie du siècle passé. Taillés dans la roche, certains escaliers de cette île volcanique vont du sommet des falaises jusqu’au flots, empruntés par ces ânes qui, comme à Fira, la capitale, gravissent quotidiennement  597 marches. Monter sur leur dos ? On préfère les regarder passer…

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