Publié le 24/04/2017

Eden secret en pays irlandais

Quatre vaches pour un habitant. Le comté de Laois, à une heure de route à l’ouest de Dublin, est un bastion de l’agriculture irlandaise. Au cœur de ce terroir vallonné de champs et saupoudré de fermes, se niche l’une des plus étranges renaissances du pays : le domaine de Ballyfin.

Eden secret en pays irlandais

Quatre vaches pour un habitant. Le comté de Laois, à une heure de route à l’ouest de Dublin, est un bastion de l’agriculture irlandaise. Au cœur de ce terroir vallonné de champs et saupoudré de fermes, se niche l’une des plus étranges renaissances du pays : le domaine de Ballyfin.

L’ARISTOCRATIQUE DEMEURE ET SON PARC de 300 hectares, cachés derrière de hauts murs de pierre grise, étaient en bien piteux état, il y a une dizaine d’années, lorsqu’un milliardaire américain (mais marié à une Irlandaise !) eut un coup de foudre pour les lieux. Il décida de les restaurer dans les moindres détails afin de le faire renaître sous la griffe Relais & Châteaux.

Pas moins de huit ans de travaux furent nécessaires pour redonner son lustre d’origine à la demeure édifiée en 1820 par la puissante famille Coote, dont les portraits, rachetés un à un, ornent aujourd’hui le grand escalier d’honneur aux murs céladon.

“Pas moins de huit ans de travaux furent nécessaires pour redonner son lustre d’origine à la demeure.”

Six jardiniers, huit personnes en cuisine, près de soixante employés en tout, et cela pour seulement 25 chambres : le niveau de service est ici digne du célèbre feuilleton Downton Abbey. Puisant dans d’imposants seaux de bois aux anses de cuivre, les butlers - bouteilleralimentent de tourbe et de bûches les cheminées des vastes salons. Au sol des pièces de réception, volutes et rosaces de marqueterie réalisées par les mêmes artisans qui oeuvrèrent à Buckingham Palace.

Lit à baldaquin, lustre ayant appartenu à la Reine de Naples, photophores allumés le soir dans les encoignures des fenêtres : le décor est digne d’un film. Certains clients vont même jusqu’à plonger dans la réserve des costumes rachetés à l’Opéra de Chicago. Optionnel, of course !

“Certains clients vont même jusqu’à plonger dans la réserve des costumes rachetés à l’Opéra de Chicago.”

Profitez plutôt du gigantesque parc (vélo ou voiturette de golf à votre disposition) pour pique-niquer au pied de la tour sur la colline, visiter les potagers ou faire le tour du lac, avant de revenir pour le five o’clock tea dans le jardin d’hiver.

Pour les bons marcheurs, et comme, avouons-le, il pleut parfois fortement dans la verte Irlande, pas moins de 18 paires de bottes sont à disposition dans le hall d’entrée, dont forcément une à votre pointure.

“Pas moins de 18 paires de bottes sont à disposition dans le hall d’entrée.”

Toujours sans sortir du domaine de Ballyfin, qui vous empêche de partir à la pêche à la truite, faire un tour en carriole, ou vous lancer dans une partie de croquet, même si vous n’en connaissez pas vraiment les règles ?



Dans une fameuse chanson des années 50, Bourvil, comédien français, disait qu’on ne verrait jamais d’oranger sur le sol irlandais. Et c’est vrai, Ballyfin n’en a pas dans son parc. Mais il a tant d’autres grâces à mettre sous vos yeux…

À quelques pas de Ballyfin
Alan Meredith, l’homme des bois

L’île d’Émeraude a déclaré 2015 « année du design irlandais ». Expositions et conférences se multiplient à cette occasion, mais c’est d’abord en visitant les ateliers des créateurs, que l’on découvre les nouveaux talents contemporains.

Alan Meredith, jeune designer de 24 ans et fraîchement diplômé d’architecture, a choisi pour sa part de s’installer dans une ancienne étable de la ferme familiale, à quelques kilomètres de la petite ville de Mountmelick.

« Vivre à la campagne est un avantage pour moi, explique-t-il. Comme un boucher va choisir son bétail sur pied, je connais chaque arbre dans lequel je fabrique mes meubles ou mes objets en bois tournés ». Lauréat d’un premier concours à 17 ans, en dessinant des lampes, Alan à exposé depuis dans des galeries londoniennes ou dublinoises, mais aussi à Chicago, Beijing ou New-York.

“ Mes études d’architecture ont beaucoup influencé ma façon de dessiner le mobilier. ”

« Mes études d’architecture ont beaucoup influencé ma façon de dessiner le mobilier », raconte-t-il en caressant le dossier de sa Oak Chair, son modèle best-seller, qui n’est pas sans rappeler le travail du fameux designer catalan Antonio Gaudí.

Si le chêne reste son essence préférée, il n’est pas monomaniaque pour autant. Il suffit pour s’en assurer de jeter un œil sur son ensemble de 9 hauts gobelets. « Chacun fabriqué dans un bois différent…mais tous irlandais ! » ajoute-t-il avec une pointe de fierté.

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