Tennessee:
escapade sauvage à Blackberry Farm

À Blackberry Farm la vie s’écoule au ralenti. Le vent chaud suspend son vol, avant de venir caresser ma peau. Les oiseaux chantent avec indolence une douce mélodie. Les arbres balancent leurs branches sous le soleil levant, projetant des taches de lumière éparses sur le chemin en contrebas.

Tennessee: |escapade sauvage à Blackberry Farm

À Blackberry Farm la vie s’écoule au ralenti. Le vent chaud suspend son vol, avant de venir caresser ma peau. Les oiseaux chantent avec indolence une douce mélodie. Les arbres balancent leurs branches sous le soleil levant, projetant des taches de lumière éparses sur le chemin en contrebas.

Les dernières traces du brouillard du petit matin s’agrippent encore aux corniches des montagnes, avant de se dissiper peu à peu. « Bonjour, ma-yum (madame) ». Ici, non loin de la petite bourgade de Walland, dans le Tennessee, même les mots s’allongent d’une syllabe, pour laisser plus de place à l’accent traînant du sud des États-Unis.

 

Sur les recommandations enthousiastes d’amis, voyageurs avertis, je me suis rendue dans ce domaine isolé. Un lieu autant apprécié pour son cadre, qui semble tout droit sorti d’un livre d’histoires, que pour son mode de vie champêtre et tout ce qui va avec : du potager à la cuisine directement préparée avec la récolte du jour, en passant par les balades dans les bois ou à dos de cheval. 

 

Installée sur les collines, dans l’est du Tennessee, au pied de la chaîne des Great Smoky Mountains, Blackberry Farm s’étend sur près de 1700 hectares. Elle invite ses hôtes à renouer avec la nature, sans sacrifier d’aucune manière son confort, et à se détendre. Nombreux sont ceux qui affluent à la Ferme pour fuir la ville, le temps d’une pause. On comprend aisément pourquoi. 

 

"Blackberry Farm invite ses hôtes à renouer avec la nature, sans sacrifier d’aucune manière son confort ." 

 

Les bâtiments du domaine sont placés stratégiquement, donnant ainsi l’impression d’être enveloppés en pleine nature. Partout où porte le regard, on ne voit que des pics majestueux, des forêts immaculées et un ciel bleu clair. Le sentiment d’être seul au monde est lié à la sérénité que l’on ressent en parcourant le domaine : même lorsque l’établissement affiche complet, il est rare de croiser un autre convive en dehors des espaces communs. Il règne ici un sentiment d’espace illimité, où l’on peut enfin respirer.

 

"Nombreux sont ceux qui affluent à la Ferme pour fuir la ville, le temps d’une pause."

Réprimant mon envie habituelle de concocter un itinéraire surchargé, je cède au rythme paisible des lieux. Sur le chemin du petit déjeuner, mon pas habituellement pressé de citadine décélère pour atteindre l’allure d’une promenade de campagne. Une fois assise à table, je prends le temps de parcourir le menu et opte pour un parfait glacé aux flocons d’avoine et à la mûre. Manger des mûres à la "Ferme des Mûres" me semble à la fois logique et parfaitement fantaisiste. Cela me fait sourire.

 

La journée s’écoule sans efforts. Je prends un cours de flow yoga, avant de m’octroyer un massage aux pierres du ruisseau Hesse, qui coule non loin de là. Au Spa, je passe des heures entre le Salon de la Pairie et la Salle de la Tranquillité. Cette dernière est équipée de somptueuses et douillettes balançoires en bois, idéales pour une sieste. Je sirote oisivement une tisane teintée d’une goutte de décoction anti-stress et savoure de minuscules morceaux d’abricots secs.  

 

L’après-midi, mon compagnon de voyage et moi nous aventurons à la ferme pour voir Gertie la truie et ses porcelets nouveau-nés, ainsi que M. Tom le dindon. Je ne sais pas exactement si je suis censée avoir faim ou, si bouleversée par leur charme, je dois devenir végétarienne. Nous longeons les prés des chevaux, des moutons et des vaches, et essayons d’entrer dans la crémerie, mais trouvons portes closes.  

 

À la tombée de la nuit, l’air est empli de l’odeur de la fumée et du chant des cigales. Après avoir dîné au restaurant The Barn, nous faisons des biscuits aux marshmallow fondus sur le feu de camp, observons les lucioles scintiller dans le ciel bleu nuit, et essayons d’immortaliser la magie du ciel constellé d’étoiles à l’aide de nos appareils photo.  

 

Au moment de quitter la ferme, je monte sur une balançoire pour profiter une dernière fois du paysage. La brume, basse, s’est à nouveau formée devant les montagnes, au loin. Elle a adouci les angles du panorama, le transformant sous mes yeux en peinture bucolique. C’est cette image qui restera longtemps gravée dans ma mémoire.