Texel, un amour d’île
aux Pays-Bas

Texel est la plus vaste des îles hollandaises. Plus de mille hectares de dunes, d'herbes folles, d'orchidées sauvages et seulement sept villages. C’est dans l’un d’entre eux que Nadine et Jef, son mari, ont restauré un ancien presbytère qui abrite désormais un hôtel épuré et son restaurant étoilé.

Texel, un amour d’île | aux Pays-Bas

Le mouton Texel, originaire de l'île du même nom aux Pays-Bas

Texel est la plus vaste des îles hollandaises. Plus de mille hectares de dunes, d'herbes folles, d'orchidées sauvages et seulement sept villages. C’est dans l’un d’entre eux que Nadine et Jef, son mari, ont restauré un ancien presbytère qui abrite désormais un hôtel épuré et son restaurant étoilé.

À la pointe nord de l’île, la silhouette rouge du phare de Cocksdorp marque l’entrée du Parc national des dunes, qui longe tout le littoral ouest. A parcourir en vélo pour découvrir au plus près où nichent bernaches, faucons, oies cendrées, vanneaux huppés… et où pâturent quelques vaches Highland au pelage mousseux et cornes fièrement dressées.

 

Ici, ils sont partout. Petites taches blanches et floconneuses au pied des églises, sur les digues ou dans les champs : les moutons. Au dernier recensement, il y en avait 14 000 sur l’île, autant que d’habitants. Cette race rustique est si fameuse qu’elle porte le nom de Texel, et s’est exportée dans le monde entier. On l’élève pour sa laine, mais aussi pour la viande tendre et iodée de ses agneaux. Digne de ceux de la baie du Mont-Saint-Michel.

 

Den Hoorn est le village le plus méridional de Texel. Dans la rue principale, la façade du Bij Jef, maison édifiée en 1830, ne diffère presque pas de ses voisines. C’est à l’arrière que Nadine et Jef ont réinventé totalement l’espace. Une grande véranda sert de salon et illumine la salle du restaurant. A l’étage, une haute verrière donne accès à la plupart des chambres.
 

Avec l’aide d’un architecte et d’un designer qui habitent sur l’île, le couple a conçu pour le Bij Jef une décoration quasi invisible. Beaucoup d’espace, quelques tables aux structures légères et une poignée de petits canapés de velours, tout simplement confortables. Le salon ouvre sur une vaste terrasse avec en ligne de mire les champs qui entourent le village.
 

En juillet 2017, l’établissement a rejoint Relais & Châteaux. « Grâce à cela raconte Nadine, en une année à peine, nous avons vu notre clientèle s’internationaliser. Nous n’avons que douze chambres et suites, mais pour tenir notre rang, l’équipe compte jusqu’à trente personnes l’été. Il vaut mieux faire le plein ! »
 

©  Bij Jef

Murs blancs, sols en béton ciré ou recouverts de lamelles de cuir, salles de bains en open space : les chambres et suites (de 40 à 50 m2) affichent une modernité épurée. « Nous vivons à Texel depuis bientôt vingt ans, explique Jef, et le luxe se devait d’être ici un confort sans chichis. » Comme en témoignent d’ailleurs les couettes doublées en laine locale, ou les produits d’accueil discrètement raffinés de la griffe Anne Sémonin.
 

Avant cette récente et totale rénovation du Bij Jef, ce qui faisait depuis longtemps la réputation de l’endroit (une étoile au Michelin dès 2009 !), c’est bien sûr la cuisine de Jef Schuur. Largement ouverte sur la salle du restaurant, on peut y apercevoir à chaque service la tignasse plutôt hirsute du maitre des lieux, au milieu de son équipe. Prêt à servir de quoi décoiffer aussi vos papilles.
 

Il y a en effet un esprit un peu rock’n’roll dans l’approche de Jef. Locavore à mort, il travaille en priorité avec les produits locaux, mais ne s’interdit nullement d’en jouer. Le crabe de la mer du Nord fricote avec des tomates marinées, l’épaule d’agneau de Texel est rôtie douze heures à basse température, sans parler de sa « tarte aux pommes non cuite » (photo de gauche), servie à table dans une mise en scène digne d’un spectacle de stand-up.
 

« J’aime combiner les goûts et les mets, reconnaît Jef, mais je le fais à ma façon. Il faut qu’au final tout ait l’air simple, évident. Et bon surtout ! J’ai autant envie de surprendre que de gâter ceux qui viennent à ma table. » Fraises ou asperges de l’île, crevettes, coques, maquereaux ou langoustines fraîchement débarqués du port voisin : son garde-manger de proximité est son atout maitre.
 

L’autre point fort de Jef ? Son épouse Nadine. Sommelière reconnue (et télégénique, elle a été jury invité de « Top Chef » dans son pays…), prête à vous charmer aussi bien avec un vin rouge allemand qu’avec un chablis, délicieusement citronné et iodé, un Château de Béru. Bref, le duo de Bij Jef fonctionne à plein. La relève sera peut-être assurée par leur fils, Sam. Onze ans pour le moment. Il a encore du temps…

Photos : © Francis Hammond

 

INFORMATIONS

  • Bij Jef, Den Hoorn-Texel, Pays-Bas
 
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