Le Bushmans Kloof :
retour aux racines de l’humanité

À seulement 270 km du Cap, dans les montagnes du Cederberg, le Bushmans Kloof Wilderness Reserve est un havre naturel au milieu de plaines à perte de vue, une riche biodiversité et la forte présence de nos ancêtres humains.

À seulement 270 km du Cap, dans les montagnes du Cederberg, le Bushmans Kloof Wilderness Reserve est un havre naturel au milieu de plaines à perte de vue, une riche biodiversité et la forte présence de nos ancêtres humains.

Suivez Eric Wolfinger pendant 48 heures d’aventure au milieu des montagnes du Cederberg - premier épisode.

Bushmans Kloof est le genre d’adresse que les voyageurs ne découvrent en général qu’à leur seconde venue en Afrique du Sud. Le nom de la propriété est un hommage aux chasseurs-cueilleurs nomades, les Bochimans (Bushmen en anglais), qui ont peuplé les plateaux environnants pendant des millénaires. Ici, l’habituelle course aux Big Five (NDLT : expression désignant les cinq mammifères africains mis en avant dans les safaris, à savoir le lion, le léopard, l’éléphant, le rhinocéros et le buffle) cède la place à un rythme plus paisible et propice à la détente.

Il faut environ quatre heures pour parcourir la route qui sépare Le Cap de ce lodge reculé des montagnes du Cederberg.

Le trajet se termine par un chemin de terre au milieu d’une réserve sauvage ; le silence y est seulement rompu par le ronronnement du moteur. 

A zebra in Cederberg mountains

La route monte puis tourne dans une étroite vallée (kloof en afrikaans) pour suivre l’ancien lit d’une rivière, en direction d’une oasis d’arbres et de roseaux nichée au milieu de formations rocheuses accidentées. Ma destination, une ferme restaurée du XIXème siècle entourée d’un potager bio de 0,8 hectare, se dévoile enfin.

À mon arrivée, je fais la connaissance de Londi, le guide privé qui va m’accompagner ces prochains jours dans mon exploration de la réserve. Il m’explique qu’à Bushmans, chaque hôte va à son propre rythme. Nous découvrons que le goût pour la bonne chère nous rapproche et construisons notre programme autour des repas, afin de pas en rater un.

Lors de notre première sortie - une balade en voiture au coucher de soleil, après l’afternoon tea - Londi me livre une brève leçon d’histoire. Jusqu’en 1991, les terres de l’actuelle réserve étaient couvertes d’un patchwork de fermes piètrement productives. Elles furent alors rachetées et l’écosystème endémique du fynbos (formation arbustive naturelle, sorte de maquis) put reprendre ses droits.

Avec la restauration de leur habitat et la suppression des clôtures, revinrent des mammifères autochtones tels que le zèbre de montagne, l’oryx et le springbok, ainsi que d’innombrables espèces d’oiseaux. Seuls restent absents, et pour cause, les Bochimans ; tout ce qu’il reste de cet ancien peuple nomade sont leurs peintures. 

Les hasards de la géographie et de l’histoire ont doté Bushmans Kloof d’un patrimoine de peintures rupestres protégées hors du commun.

Le matin suivant, Londi et moi rejoignons les collines avec un thermos de café et une boîte remplie de biscuits encore tièdes, dont les miettes régalent quelques oiseaux. Nous suivons le lit asséché d’une rivière parsemé de piscines naturelles couleur émeraude. Le soleil se faisant brûlant, nous trouvons de l’ombre sous un rocher en saillie et tombons nez à nez avec un mur foisonnant de dessins d’hommes et d’animaux réalisés bien avant que la Grande Pyramide ne voit le jour. Londi, dont le titre officiel est « Rock Art Curator » (littéralement : conservateur en peintures rupestres), m’explique que le datage au carbone des restes de feux montre que certains des sites que nous visitons sont vieux de 10 000 ans.

Suite au prochain épisode…