Il San Pietro di Positano,
perché entre ciel et mer

Perché de façon spectaculaire en bordure de falaise sur la côte amalfitaine, en Italie, c’est l’un des hôtels de luxe les plus inoubliables qu’il m’ait jamais été donné de voir : bienvenue à Il San Pietro di Positano.

Il San Pietro di Positano, |perché entre ciel et mer

La vue vers le village de Positano

Perché de façon spectaculaire en bordure de falaise sur la côte amalfitaine, en Italie, c’est l’un des hôtels de luxe les plus inoubliables qu’il m’ait jamais été donné de voir : bienvenue à Il San Pietro di Positano.

La première chose qui nous captive ? La vue. Quand le taxi nous a déposés, vers midi, jamais je n’aurais pu deviner qu’il y avait là un hôtel – du moins, pas avant que ma compagne, Lily, et moi-même, ne soyons accueillis par le voiturier, puis guidés le long d’un étroit sentier vers un panorama à couper le souffle. Au pied du sentier, l’ascenseur nous attendait pour remonter au lobby.

Quelle que soit votre chambre dans les soixante que compte Il San Pietro, vous verrez sans nul doute à la fois le ciel et la mer. Et c’est là toute la magie du lieu : vous enivrer des heures durant du cadre, splendide, et vous délecter des charmes de l’été méditerranéen, un service cinq étoiles à portée de main. Depuis le balcon de notre chambre, très spacieuse – la n° 60 –, nous pouvions voir au sud-ouest Praiano ainsi que des eaux bleues à perte de vue, sublime tableau accessible également aux convives du restaurant étoilé Michelin Zass, situé juste au-dessous. Attablés devant un menu dégustation, le premier soir, nous avons eu la chance d’assister à la lente montée de la pleine lune au-dessus des falaises toutes proches. Malgré les plats insensés de Zass – pâtes au citron confit, moules et œufs de cabillaud, gigot d’agneau de lait et ragoût de légumes primeurs – impossible d’ignorer la scène nocturne qui s’épanouissait sous nos yeux. Plus de la moitié des clients du restaurant (notamment les designers célèbres dans le monde entier Jony Ive et Marc Newson, que nous avons surpris à dîner dans un coin) avaient dégainé leur smartphone pour saisir le moment. Tout paraissait irréel, baigné d’une atmosphère éthérée, comme si nous étions plongés au cœur d’un décor hollywoodien. Avec Lily, nous avons d’ailleurs taquiné le maître d’hôtel : n’avait-il pas préparé cette mise en scène rien que pour nous ?

La vue de la chambre 60, avec un cocktail de bienvenue servi sur la terrasse. 
La salle du restaurant gastronomique Zass.

Une maison de pêcheur transformée en hôtel mythique

L’histoire a commencé avec Carlo Cinque, aussi appelé « Carlino », un habitant du petit village de pêcheurs de Positano. Il achète en 1962 la modeste demeure familiale face à la mer et décide de la transformer en hôtel. Le projet est ambitieux dans le Positano de l’époque. La maison des Cinque est au cœur du village marin, à flanc de rochers abrupts, parmi les pins, les citronniers et la mer à perte de vue. Petit à petit, Carlo achète toutes les maisons mitoyennes et le San Pietro ouvre finalement ses portes en 1970.

Intelligent et emblématique, Carlino était un personnage important dans l’histoire de Positano et une figure clé dans le tourisme de luxe en Italie. Il bavardait au San Pietro avec ses clients fidèles comme s’il accueillait de vieux amis dans sa maison de vacances, décorait leur chambre avec soin, la parant de fleurs avant leur arrivée. Un tel niveau de service et de luxe a vite attiré une kyrielle de célébrités comme Federico Fellini, Liza Minelli ou encore Marcello Mastroiani qui ont fait la renommée du palace de la riviera napolitaine.

Il San Pietro di Positano est toujours resté dans la famille Cinque. Après la disparition de Carlo en 1984, ses neveux et nièces ont pris la direction de l’hôtel et l’ont aujourd’hui transmis à leurs enfants qui ont réalisé de nombreux travaux d’embellissement depuis les années 2000.
 

Il San Pietro di Positano, construit à flanc de colline au milieu des pins.
Des fleurs colorées à l'entrée de l'hôtel.
Une machine à popcorn est installée sur la terrasse pendant l'happy hour.

Le paradis des bains de soleil

Je ne connais aucun autre hôtel de plage en Italie où j’aimerais me détendre plus qu’à Il San Pietro. Un chauffeur de bateau-taxi nous a d’ailleurs dit en riant : « bienvenue au paradis ». Et il est vrai que le qualificatif sied à l’endroit. J’aurais pu rester sur place l’intégralité de notre séjour, là, sur la plage de l’hôtel, à me délecter des rayons du soleil et à me baigner dans les eaux iodées (depuis le lobby, la plage est accessible par un ascenseur dans la falaise ; depuis la mer, un ponton permet d’y accoster).

La plage abrite également un restaurant de plein air, baptisé du surnom du fondateur "Carlino", qui sert une spécialité de spaghettis au citron d’excellente facture, ne ressemblant à rien de ce que nous n'avons jamais mangé ailleurs. Plus haut sur la colline, sur environ la moitié du domaine s’étendent des jardins où poussent les fruits et légumes utilisés dans les deux restaurants, ainsi que les fleurs qui décorent les halls et les chambres. Je n’ai pas entendu le personnel évoquer le côté « de la ferme à la table » de l’établissement, mais celui-ci mériterait d’être mentionné. Peut-être est-ce de toute façon une évidence : la ferme est une dimension essentielle et incontournable d’Il San Pietro, peut-être même le cœur de l’établissement.

En regardant vers la plage.
La "plage" au San Pietro.
Un plat du restaurant de bord de mer Carlino.

Une escapade immaculée… vers d’autres escapades

Même si les motifs de délaisser ce domaine absolument parfait sont rares (et l’envie inexistante), un ami a insisté pour que notre séjour soit l’occasion de visiter Capri. Nous avons donc réservé un bateau-taxi pour Positano puis pris un ferry rapide vers Capri. Il San Pietro possède son propre yacht Morgan 44 qui peut être affrété pour des excursions d’une demi-journée ou d’une journée. Pour une excursion d’une journée à Capri, la location d’un bateau privé est l’option la moins chronophage. De quoi admirer les sites de la côte, notamment la Casa Malaparte, dessinée par Adalberto Libera, et de nombreuses grottes.

Pour notre seconde soirée, nous avons marché cinq minutes d’Il San Pietro à La Taverna de Leone, recommandée par la réception de l’hôtel. Lily comme moi sommes tombés d’accord ; si vous êtes dans la région de Positano, ne passez pas à côté de ce restaurant. Ni sophistiquée, ni triviale, cette belle adresse authentique aux nappes immaculées sert des interprétations intelligentes et rondement menées des grands classiques italiens (essayez la « fausse » carbonara, baptisée ainsi parce qu’elle est préparée sans viande, et à base de lasagnes d’aubergine, un régal!).

À l’heure du départ, quand il était évident que notre temps était écoulé, un cadeau d’adieu nous a été remis : une bouteille de limoncello produite sur le domaine. Difficile de quitter les lieux, heureux comme nous l’étions, mais au moins avons-nous pu repartir avec dans nos valises un peu de cet endroit idyllique.

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