Pour que le poisson reste sauvage

Mer du nord, Manche, Méditerranée, Mer de Chine, Pacifique, pas un mois sans que les scientifiques de la planète nous alertent sur la disparition progressive du poisson sauvage. Faut-il s’en inquiéter ? Assurément. Peut-on agir ? Très certainement.

Pour que le poisson reste sauvage

Mer du nord, Manche, Méditerranée, Mer de Chine, Pacifique, pas un mois sans que les scientifiques de la planète nous alertent sur la disparition progressive du poisson sauvage. Faut-il s’en inquiéter ? Assurément. Peut-on agir ? Très certainement.

Petit tour de quelques initiatives prometteuses, dont les vôtres !

Et la première question qui évidemment nous vient à l’esprit : moi, petite chose dans ce grand océan, petit consommateur de poisson sans grande culture de l’état des ressources halieutiques mondiale, ai-je le moindre pouvoir de changer quelque chose ?

Consommateur responsable

Et bien oui ! Il suffit d’activer votre mode « consommer responsable » et acquérir quelques réflexes entre bon sens et géolocalisation pour faire partie d’une vaste chaine d’acteurs qui veulent laisser aux générations futures un peu du bon goût du poisson.

Par exemple, vous entrez chez votre poissonnier et vous vous rendez compte que vous ne connaissez pas la moitié des bestiaux qui sont sur l’étal. Avant de vous laisser guider par vos seules habitudes, posez vous la question de la pêche durable, celle qui ne met pas en danger les espèces pour cause de surpêche.

Bon d’accord, votre culture en la matière est limitée. Pas de panique on a pensé à vous. Un petit tour sur le site de la Fondation Good Planet  et vous allez trouver un guide très pratique, avec une typologie on ne peut plus claire qui définit trois catégories : à privilégier ; avec modération et à éviter.

Les chefs comme porte-voix

Vous trouvez que votre petite voix ne porte pas assez ? Pas d’inquiétude, vous n’êtes pas seul au monde à penser à agir. A commencer par les chefs qui prennent de plus en plus conscience du rôle important qu’ils ont à jouer en la matière. Ainsi aujourd’hui, plus de la moitié des Maisons Relais & Châteaux ont décidé de ne plus servir une espèce marine qui nécessite d’être préservée.

A l’instar de Sonora Resort  et de son chef Terry Pichor perdu sur la côte Ouest du Canada à quelques 200 kilomètres au nord de Vancouver et qui considère que l’Océan pacifique est une richesse de l’humanité, pas un simple réservoir à poissons. Pour pousser plus loin l’engagement, Sonora Resort est d’ailleurs devenu membre de l’organisation Oceanwise qui regroupe 650 partenaires militants de la pêche responsable au Canada.

Idem pour la star montréalaise Normand Laprise, chef du restaurant Toqué! qui fait partie de la vingtaine de chefs réputés qui se sont joints à la campagne « Save the Oceans, Feed the World », lancée en mars 2015 par Oceana, la plus grande organisation internationale pour la conservation des océans.

Pas de petits poissons

Demandez donc à Philippe Vételé le Chef du Anne de Bretagne près de Pornic en France ce qu’il pense des espèces les plus prisées comme le turbot, le saint-pierre et le bar sauvage, toutes victimes d’une surexploitation. Au Anne de Bretagne, un grand poisson ne se mesure pas à sa notoriété. Sur quelque 20 000 espèces de poissons existant dans le monde, une quarantaine seulement est consommée et c’est au chef de savoir sublimer la sardine, le tacaud, le congre ou le chinchard.

Et comme le dit Olivier Roellinger, le plus militant des chefs français, qui dirige Les maisons de Bricourt à Cancale : « Faire bon, ce n’est pas simplement faire bon au palais, c’est aussi faire bon pour la planète, c’est à dire bon pour les hommes. » 

C’est la raison pour laquelle il a lancé en 2012, avec l’ONG SeaWeb Europe et l’école française de cuisine FERRANDI, un concours pour inciter les jeunes cuisiniers à diversifier les espèces qu’ils cuisinent et pour que le poisson reste sauvage… 

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