Terra Madre : comme son nom l’indique

5 000 délégués venus de 160 pays vont rejoindre Turin pour la 11ème édition de Terra Madre Salone del Gusto. La manifestation n’est pas seulement le plus grand événement consacré à la culture alimentaire mais le lieu où se pense notre planète, mère nourricière, ou pas, des futures générations.

Terra Madre : comme son nom l’indique

5 000 délégués venus de 160 pays vont rejoindre Turin pour la 11ème édition de Terra Madre Salone del Gusto. La manifestation n’est pas seulement le plus grand événement consacré à la culture alimentaire mais le lieu où se pense notre planète, mère nourricière, ou pas, des futures générations.

Sentinelle Slow Food, ça vous dit quelque chose ? Pas encore ? Ça ne saurait tarder parce que la Fondation Slow Food pour la biodiversité visant à protéger les productions traditionnelles et promouvoir les produits en voie de disparition, vient de fêter l’arrivée de son 500ème produit. Une Sentinelle totalement féminine, symbolisant l’engagement de femmes mexicaines et leur émancipation sociale et économique à travers la production d’un piment d’exception joliment nommé le Serrano de Tlaola. Et oui, on ne va pas au Salone del Gusto avec comme unique objectif de se gaver de bons produits, on écoute leurs histoires. 
 

 

Et leur histoire nous enseigne généralement qu’il va falloir un peu militer si on veut préserver quelques trucs pour, ad minima, préserver la santé des générations futures, sans parler de leur identité et de leur culture. 500 c’est bien, 5 000 ce serait mieux, voilà un enjeu que Relais & Châteaux connaît bien puisqu’engagé aux côtés de Slow Food dans le projet de l’Arche du Goût qui dresse depuis 1996 l’inventaire de la diversité du patrimoine gastronomique de la planète, tant du point de vue végétal qu’animal, mais aussi en terme de savoir-faire. 
 

 

Si Slow Food revendique déjà plus d’un million de sympathisants à travers le monde, il entend bien faire de sa communauté un levier majeur des politiques alimentaires. À Turin, au Salone del Gusto, pas moins de 40 conférences sont programmées. On y parlera des problématiques majeures du continent africain comme de l’actualité brulante des réfugiés et le Député européen José Bové viendra nous entretenir du contrôle du système alimentaire, de la production des semences à celle des engrais et pesticides, au cours d’une rencontre intitulée « Ce sont des géants, mais nous sommes une multitude ».
 

 

Et dans cette multitude, chefs et hôteliers rentrent avec force dans la danse, le réseau pouvant ainsi profiter de leur aura médiatique pour mettre en exergue les bonnes pratiques. Les chefs sont en bonne place, à l’instar de Michel Bras (Le Suquet, Laguiole - France) et Olivier Roellinger (Maisons de Bricourt à Cancalle - France) qui plancheront sur un sujet qui leur est cher : « Quand les chefs s’allient aux paysans ». Le ton est donné. En effet, les plats présentés dans ces établissements ne sont pas conçus à partir de produits d’usines aseptisées et lointaines. Michel Bras comme Olivier Roellinger ont la modestie de penser que si les paysans, producteurs et artisans locaux ne dessinent pas un paysage gustatif dès l’origine, leur talent de chef, immense soit-il, n’y pourra pas grand chose.
 

 

Ce sont là au fond tous les enjeux de Terra Madre : s’assurer que la terre reste encore pour longtemps notre mère nourricière à tous.

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