Soyons climato-acteurs !

Imaginez un hôtel avec un golf où les joueurs peuvent frapper leurs balles en direction d’un ponton flottant et où toutes les balles sont fabriquées à base de nourriture pour poissons qui se dissolvent dans l’eau après 48 heures. Stupide ? Non, une pierre de plus à l’édifice d’une planète durable.

Imaginez un hôtel avec un golf où les joueurs peuvent frapper leurs balles en direction d’un ponton flottant et où toutes les balles sont fabriquées à base de nourriture pour poissons qui se dissolvent dans l’eau après 48 heures. Stupide ? Non, une pierre de plus à l’édifice d’une planète durable.

Évacuons d’emblée les climato-sceptiques qui viennent malheureusement d’envahir les hautes sphères de l’administration Trump. Leur courte vue qui les amène à ne vivre qu’à travers ce qui les touche directement et dans l’instant, sans considération des lendemains qui déchantent, les éloignent chaque jour un peu plus du statut de citoyen responsable. Aucun scientifique digne de ce nom, où qu’il exerce sur la planète, ne remet en cause des phénomènes convergents de destruction de la planète par son pire ennemi : l’homme.

Reconnaissons cependant que face à l’ampleur du phénomène, la tache de chacun peut sembler colossale, disproportionnée à l’échelle individuelle et que, au pied de la montagne, certains préfèrent laisser les institutions agir et fixer le cap. Erreur fatale. Le combat contre le réchauffement climatique est avant tout une affaire d’accumulation d’actions individuelles soutenues par des structures porteuses de solutions, parmi lesquelles hôtellerie et restauration ne sont pas en manque d’innovation et de responsabilité.

Et oui, les balles de golf qui nourrissent les poissons du Cliff House Hotel  ne sont pas des gadgets. Elles viennent compléter tout un dispositif qui a permis à l’hôtel d’adopter une charte environnementale stricte qui s’applique à la vie quotidienne de l’établissement. Du remplacement des ampoules par des leds en passant par une toiture végétalisée sur une majeure partie de la surface du toit qui réduit l’émission de CO2 et un parc de véhicules 100% électrique, l’hôtel fait de son modèle vertueux un atout commercial.

Au chapitre des paradoxes touristiques, figure évidemment la lourde empreinte carbone laissée par les voyages en avion. Incontournable ? Techniquement, tant que les avions ne tourneront pas aux bio-carburants, non. Mais compensable, sûrement, si l’on en juge par le fonctionnement de Soneva Fushi, complexe hôtelier de luxe situé dans l’atoll de Baa aux Maldives. La fondation Soneva utilise les principes de l’« investissement d’impact ». En 2008, elle introduit ainsi une écotaxe de 2% sur le prix de la chambre et a récolté aujourd’hui plus de 6 millions de dollars qu’elle a réinvesti dans des projets qui permettront d'économiser un million de tonnes de CO2 pendant les sept prochaines années, compensant bien plus que son empreinte carbone totale.

Et puis il y a ceux qui ne changent rien parce qu’ils ont déjà pensé à tout dès l’origine. C’est le cas du Zarafa Camp au Botswana, construit sans déranger un arbre avec des bois entièrement recyclés, conçu pour être entièrement alimenté à l’énergie solaire et où la filtration de l’eau potable limite sérieusement la consommation de bouteilles plastiques et le transport qui va avec.

Vous l’aurez compris, si vous n’éteignez pas la lumière chaque fois que vous sortez de votre chambre et si vous gaspillez l’eau, toutes ces initiatives perdent leur sens commun. Mais ne doutons pas que la vertu se transmet. Parce que ces environnements là induisent à coup sûr un comportement des clients qui ne se voient guère rompre cette chaine qui parie sur le bien-être durable.