Manger bio, mais quel bio ?

Depuis quelques années, de scandales alimentaires à la chaîne en passant par les pesticides cancérigènes, les lanceurs d’alerte accélèrent la cadence. Et par voie de conséquence, le bio se voit ouvrir des autoroutes de marchés prometteurs. Mais attention à la surchauffe !

Manger bio, mais quel bio ?

Depuis quelques années, de scandales alimentaires à la chaîne en passant par les pesticides cancérigènes, les lanceurs d’alerte accélèrent la cadence. Et par voie de conséquence, le bio se voit ouvrir des autoroutes de marchés prometteurs. Mais attention à la surchauffe !

On voit désormais du bio partout. Produits d’entretien, produits de beauté, vêtements, parfums pour la maison, on peut s’organiser une vie 100% bio. Enfin, disons 80% parce que l’air bio dans les conurbations urbaines qui couvrent de plus en plus la planète, ça n’est pas encore gagné. À moins que ce ne soit que 50% parce que, à marché juteux, l’homme moderne a toujours tendance à ajouter mafia et corruption.

Et donc, il y a du bio qui n’en a que l’étiquette, le plus souvent collée avec une colle pas chère bourrée de produits toxiques. Première conséquence : c’est désormais sur les fragiles épaules du consommateur et des associations qui le représentent, que repose la charge de la distinction du vrai du faux.

Alors revenons à nos basiques, les critères communément admis pour faire partie de la vertueuse famille du bio sont les suivants :

  • un sol vivant et fertile ;
  • une agriculture sans produits chimiques de synthèse ni OGM ;
  • le respect du bien-être animal ;
  • des filières durables.

Arrivés là, vous avez déjà jeté la moitié du contenu de votre frigidaire !

Alors, comment faire dans ce magma de labels souvent illisibles ? Une première approche, quand c’est possible, est de se fier aux humains qui pratiquent la nature quotidiennement. Prenez par exemple Jemma Markham, la propriétaire de La Torre del Visco en Espagne entourée de sa propre ferme de 90 hectares, elle adhère au mouvement SlowFood. Et elle peut garantir que dans son restaurant, rien n’échappe à ses exigences d’un bio contrôlé quotidiennement qui, de surcroit, est exempté de transport.

Prenez également la table du chef Per Hallundbaek à l’autre bout de l’Europe. Dans cette petite bourgade de l’île de Fyn au Danemark (la seconde plus grande île du Danemark), le Falsled Kro propose des plats conçus à 80% avec des légumes et des fruits en provenance exclusive du potager et du verger de la maison. Pour le reste, le chef fait appel à des producteurs régionaux sélectionnés pour leurs pratiques responsables. Ici, on produit même la nourriture pour les animaux afin de contrôler la totalité de la chaine.

Et puis on a aussi Chris Eddy, Le chef du restaurant de la Winvian Farm aux États-Unis, qui s’est engagé dans la campagne Right to know GMO et a contribué à l’obligation de labellisation OGM dans l’état du Connecticut. La maison qu’il dirige possède aussi sa propre exploitation agricole, entièrement biologique.

Mais alors, tous ces exemples seraient les arbres qui cachent la forêt ? Du côté des maisons Relais & Châteaux, pas vraiment, car 64% d’entre-elles favorisent le maraîchage et/ou l'élevage responsable et sont donc attachées à des valeurs où le bio tient une place de choix. Pour le reste, à vous d’être attentifs !

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