Accueil et partage, l’essence de la culture arabe

En ces temps où un certain nombre de populations du monde arabe sont ostracisées pour des questions religieuses ou parce qu’assimilées à tous les fanatismes, rappelons-nous que leurs traditions d’hospitalité et de convivialité sont légendaires.

Accueil et partage, l’essence de la culture arabe

En ces temps où un certain nombre de populations du monde arabe sont ostracisées pour des questions religieuses ou parce qu’assimilées à tous les fanatismes, rappelons-nous que leurs traditions d’hospitalité et de convivialité sont légendaires.

Commençons par un simple mezze

 

Ça vous dit quoi ? Plusieurs petits plats miniatures composés avec un peu tout ce que l’on a sous la main : viandes, herbes, fruits secs et légumes. Techniquement, ça n’est pas faux. Mais si l’on veut bien regarder la chose de plus près, on peut aisément constater que le Liban, carrefour de nombre de cultures à travers l’histoire, a développé des recettes juives comme musulmanes, que les Maronites chrétiens étaient aussi de la partie, sans compter, dans des temps un peu plus lointains, Grecs et Arméniens. 

Et puis d’ailleurs, est-ce bien libanais comme plat ? Pas sûr, puisque l’on en trouve aussi des traces dans l’empire Ottoman, donc dans la Turquie d’aujourd’hui. Bref, côté cuisine, le mezze est à la fois le symbole de l’accueil et de l’appropriation des traditions culinaires de l’autre et côté table du partage des plats entre les convives.

L'art de partager un repas

 

Souvenons-nous aussi que l’art de recevoir et de partager un repas est également au fondement des traditions du Maghreb. Certes nos coutumes occidentales ont un peu transpiré là-bas, mais à l’origine, point d’assiettes individuelles. On partage un grand plat commun avec une assiette pour deux ou trois, en commençant par la nourriture la plus proche de soi pour finir avec celle au centre du plat.

Si on y ajoute cette tradition toujours d’actualité qui consiste à placer une tasse de thé en plus sur le plateau pour que celui qui débarquerait à l’improviste ne se sente pas tout de suite comme le pique-assiette de passage, on sent le vent de la civilisation souffler, loin de ceux qui construisent des murs.

Le sens de l’engagement

 

Et même si à Essaouira le chef Ahmed Handour sert des assiettes individuelles à l'Heure Bleue Palais, il n’oublie rien de ces principes de solidarité en soutenant par exemple la Coopérative féminine d’une commune rurale qui lui fournit fromages de chèvre, poulets et pigeons nourris au maïs et aux figues.

S’agissant d’engagement, à deux pas de la place Jemaa El Fna de Marrakech, le Chef Jean-Claude Olry de la Villa des Orangers va jusqu’à définitivement sortir de son éco système. C’est à Tamesloht, un village situé à 15 km au sud de Marrakech qu’il soutient un foyer d’accueil pour une centaine d’enfants défavorisés. On y pratique la musique, mais aussi le jardinage, avec un projet ambitieux de « ferme nourricière et pédagogique » adossé à un jardin potager qui procurera au Centre une nourriture biologique en autoproduction.

Au moment où certains se sentent exister grâce aux bannissements et aux stigmatisations, d’autres perpétuent leurs cultures d’accueil et de solidarité, tous les dieux devraient y reconnaître les leurs.

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